CSI - Baie St-Paul - "TV"

Zoofest - CSI: Baie-St-Paul, le drame dont vous êtes le héros

(Article paru dans Le Devoir du 18 juillet 2011 - Fabien DegliseLe Devoir du 18 juillet 2011 - Fabien Deglise)

Qui a dit qu'il n'y avait pas d'action à Baie-Saint-Paul, PQ, dans la région de Charlevoix? Certainement pas le capitaine Jacques Bilodeau, de la police locale, qui doit faire la lumière sur un drôle de drame: Henriette Girard, propriétaire d'une galerie d'art, est retrouvée morte au milieu de son commerce, le corps recouvert d'une peau de castor et placé au centre d'une étoile faite en sauce brune. Bizarre, vous avez dit? Bizarre.

Règlement de comptes? Suicide artistiquement mis en scène? Ou, pire, crime odieux lié à la pénurie de fourchettes en plastique qui touche actuellement cette petite ville bucolique? Tous les scénarios sont possibles et la police scientifique du coin, le CSI: Baie-St-Paul, va certainement avoir besoin de l'aide du public pour démêler tous les fils. Sans doute.

Un an après avoir séduit le festival Zoofest, la nébuleuse exploratoire de Juste pour rire, avec leurs Bureaupathes, une création où des représentants du public étaient pris pour des marionnettes — au sens propre, oui, oui — les Productions de la Pastèque carrée poursuivent leur petit bonhomme de chemin sur la route de l'art décalé avec cette relecture locale de la célèbre série télévisée policière américaine. Et l'interactivité avec le public est forcément là.

«On fait le genre de théâtre que l'on aimerait voir nous-mêmes, lance à l'autre bout du fil Laurent Trudel, membre du trio fondateur de la troupe — formé également de Dominic Poulin et Frédérick Philippe. Faire tomber le quatrième mur au théâtre, c'est un défi. Pour cette nouvelle création, les tests que nous avons effectués avec un public qui ne nous connaissait pas donnent de très bons résultats.»

On s'en doute, l'enquête, qui prend corps sous le jeu de Trudel, mais aussi d'André Perron, Sébastien Leblanc, Marc-André Bouchard et Ève Landry, s'annonce loufoque et débridée. Sur une base volontaire, elle compte aussi sur le talent brut de 10 spectateurs invités chaque soir par un «entre-metteur en scène» à se transformer, le temps d'une représentation, en assistant du médecin légiste, en maire de Baie-Saint-Paul ou encore en suspect. «Il n'y a pas de texte pour eux, sauf celui qu'on leur chuchote à l'oreille», dit M. Trudel.

En déplaçant le concept de CSI, une série télévisée qui se prend très au sérieux en cherchant à faire parler les morts tragiques par l'entremise de la science, ces adorateurs de la Pastèque carrée veulent une nouvelle fois faire le pari qu'il est possible d'interpeller le spectateur sans le rendre mal à l'aise. «C'est ce qui nous anime», dit Trudel, depuis les débuts de l'organisme artistique avec Amène ta cassette à la Cinémathèque, où le quidam était invité à... apporter des films à lui pour alimenter la soirée. L'expérimentation artistique, très contemporaine dans son mode participatif, se poursuit à partir de ce soir et jusqu'au 28 juillet, au théâtre La Chapelle de Montréal. À 20h30.